Pourquoi les oiseaux décidèrent de ne plus parler ....

Publié le par lilavande

au pays de l'UTOPIE ,

 il ya  un superbe conte qui circule ...

Pourquoi les oiseaux décidèrent de ne plus parler ....

C'était au temps où les animaux parlaient. Cette bonne vieille terre, où nous avons mis les pieds était faite de deux unités. La terre ferme comme celle où nous sommes et l'océan. Du Nord au Sud de l'Est à l'Ouest, on pouvait aller sans obstacle.

Cette terre là, ce continent était revêtu de grands arbres, feuillus à souhait, abreuvés de pluies régulières, réchauffé par un soleil divin. Sur les branches de ces arbres vivaient des oiseaux, portant chacun sur leurs plumes, les coloris les plus beaux.

Comme si tous les éléments qui les entouraient leur en avait fait cadeau. De branche en branche se répétait la joie de vivre. La terre n'était alors que l'écho de grands rires et d'exclamations bienheureuses.

Hélas! Un jour survint un événement épouvantable!

Le ciel s'entrouvrit brusquement, le tonnerre gronda si fort que la pluie redoubla. Un éclair creusa un sillon profond où l'eau s'engouffra si fort qu'elle fit écarteler la terre tant et si bien que lorsque le déluge s'apaisa, chacun put constater qu'une immense rivière séparait le continent.

Chacun, de son coté, faisait le même constat. De nombreuses familles furent ainsi séparées. Du bord d'un continent on ne pouvait voir celui de l'autre, le pire fut certainement que si l'un conserva sa douceur de vivre, l'autre se vit avili par le soleil.


L'astre qui fut autrefois réchauffeur brûlait tout de son lever à son coucher. Bientôt, les familles du continent inondé de soleil virent leurs plumes se ternir. Tous perdirent les couleurs chatoyantes et chacun sa belle humeur de vivre, car très vite les arbres perdirent leurs feuilles et la nourriture se fit rare.

Tout cela dura longtemps, mais un jour, ils n'en purent plus. Alors ils se réunirent et tinrent conseil. Il fallait trouver remède. Les conversations allaient bon train, chacun essayant de donner sa solution, mais aucun n'arrivant à convaincre l'auditoire. C'est alors que Hibou, un vieil, très vieil oiseau demanda la parole.

- Mes amis! Je me souviens du temps d'avant, celui où nos arbres étaient feuillus, où nos parures étaient resplendissantes. Notre multitude fut séparée et bon nombre d'entre nous ont des membres de leur famille de l'autre côté de la grande rivière, Si toutefois cette autre moitié de terre n'a pas disparu. Certes, nous ne connaissons pas la distance qui nous sépare si elle existe, mais reste t-il un autre moyen que d'essayer de traverser la grande rivière pour assurer notre salut? C'est pourquoi je propose que deux volontaires essaient cette traversée.

Il y eut un grand remue-ménage, bientôt un jeune couple s'avança, leurs familles étaient disparues. Ils pensaient qu'il leur appartenait de faire ce grand voyage. On fit silence. Certains bien contents de voir des volontaires, d'autres compatissants et émus.


C'est ainsi qu'un matin, le jeune couple prit son envol. Ils volèrent trois jours et trois nuits sans rien voir d'autre qu'au dessous d'eux, l'eau où se reflétait les nuages le jour et scintillaient les étoiles la nuit. La troisième nuit, ils aperçurent des formes bizarres qui ressemblaient étrangement aux arbres de chez eux. Ils descendirent, c'était bien des arbres. Quelle ne fut pas leur joie de constater qu'ils avaient traversé la grande rivière. Alors ils se posèrent sur une branche et dans un coin de feuille, se blottirent l'un contre l'autre et s'endormirent aussi profondément que leur fatigue était grande.


Au petit matin, un rai de soleil vint les éclairer et les réchauffer. Ils s'éveillèrent et furent surpris de la tiédeur que leur procurait ce soleil qui d'habitude les brûlait. Regardant tout autour d'eux, ils étaient émerveillés du spectacle. Jamais ils n'avaient vu des paysages aussi beaux. Toute la palette des verts, des bleus, des rouges, était là.

Entre les feuilles s'agitait un monde d'oiseaux bizarres qui parlait et riait fort. Tout autour d'eux des fruits de toutes sortes, une nourriture abondante, et ils avaient si faim. Ils se mirent à manger, manger, manger!

Quand tout à coup ils entendirent une voix qui leur dit d'un ton sévère.

- Qui êtes-vous?

Levant les yeux, le couple aperçu sur la branche supérieure, un oiseau aux plumes chatoyantes.

- Nous sommes Point et Virgule et nous venons de l'autre côté de la grande rivière. A qui avons-nous l'honneur?

- Je m'appelle Belplume. Je suis le responsable de ce secteur. Vous me dites que vous venez de l'autre coté de la rivière? J'ignorais qu'il y eut une terre au-delà de toute cette eau, mais que venez vous faire ici ?

Point et virgule racontèrent comment leur terre était devenue. Qu'ils avaient faim et soif et que sans doute il ne subsisterait personne si on ne leur venait pas en aide, et eux, ce qu'ils souhaitaient était de pouvoir venir dans ce pays d'abondance où bon nombre de leurs familles étaient.


Belplume allait de surprise en surprise. Ainsi, ces oiseaux là, avaient de la famille ici. Comment cela était-il possible? Il convia le couple à l'accompagner. Ce fut ainsi que de branche en branche, la présence de ces deux oiseaux fut rapidement connue. Le soir venu, dans une grande clairière tous les oiseaux multicolores se réunirent.

On écouta Point et Virgule. Quand ils eurent fini leurs explications, chacun y alla de son discours, de l'oiseau mouche à l'autruche, en passant par le flamand rose, les perroquets, les paons et bien d'autres parés de leurs plus beaux atours. Enfin!disait-on, cet autre pays ne peut exister, tout cela est mensonge, et s'il en est vraiment ainsi, pourquoi, les accepter chez nous !


Granduc s'avança, il était réputé pour son sens de la justice et dit:

- Belplume nous a amené deux êtres qui nous ressemblent trait pour trait

- Non ! cria le perroquet. Ceux-ci n'ont pas de couleurs, leurs plumes sont comme sales! Où sont les rouges, les verts, les jaunes, les bleus, que nous portons?

- Qu'importe. Ce sont toujours des plumes, et le corps qui les porte est bien semblable au nôtre.

- Ils veulent venir manger nos fruits! dit un autre.

- Que faites vous de l'abondance qui nous entoure sinon que la laisser pourrir. Comment comprendre qu'ayant tant et tant vous acceptiez de la laisser tomber sur le sol au point de la dédaigner.

- Y aura-t-il suffisamment de branches pour les recevoir?

- Il y a tant d'arbres ici qui ont tant de branches. Une famille toute entière n'arrive pas à en couvrir un seul et s'il fallait se serrer un peu leur chaleur vaut bien la nôtre.

- S'ils viennent avec d'autres pensées?

- Nous ne pourrons que nous réjouir, qu'on nous donne une connaissance qui comblera notre ignorance et il n'est pire sot que celui qui veut s'abstenir de savoir.

Il y eut un immense brouhaha, les oiseaux multicolores étaient partagés.

- Désirez-vous voter? demanda Granduc.

- Oui ! Votons ! Votons ! criait-on de toutes parts mais, au moment où la fièvre s'emparait de l'assistance, un murmure de plus en plus fort, fit taire les plus bavards: "La Hulotte !.. La Hulotte !".

La Hulotte était le personnage le plus respecté de cette terre, parce qu'elle incarnait la sagesse. Aucun mot n'était sorti de son bec sans qu'il fut apprécié pleinement. Jamais, elle n'était venue à un conseil estimant que les plus jeunes devaient aménager leur vie à venir. Elle avait écouté de loin, désormais, il lui semblait utile d'intervenir.

La Hulotte se mit au milieu du cercle. Le silence était impressionnant. D'une voix calme, elle dit: - Je me souviens du temps où cette terre n'était qu'une. Les arbres y étaient tout aussi nombreux et feuillus, la nourriture aussi abondante et le ciel aussi clément qu'aujourd'hui.

Quand le vent se fit soudainement violent, qu'un déluge d'eau s'abattit si promptement noyant semble t-il toute cette terre, quand un éclair immense illumina le ciel tout entier foudroyant notre forêt. Nous ne savions pas où étaient les nôtres. Et quand le calme revint, il y avait la grande rivière et ceux que nous ne voyions plus, avaient, pensions nous, péri. Je sais aujourd'hui que cela n'est pas vrai, car je sais aujourd'hui, en regardant ces deux-là qu'ils sont de ma famille.

Pourquoi donc tant de chahut ? En les chassant, vous vous rendrez plus misérables qu'eux encore.

Puis, s'approchant du couple il dit simplement:

- J'ai hâte de retrouver les miens, dites-leur que je les attends.
Sur ces mots et dans un silence absolu, la Hulotte se retira en clopinant. Quand elle disparut de la vue de chacun, Granduc demanda:

- Qui veut voter?

Il n'y eut aucune réponse, alors il continua:

- Eh bien soit, allez chercher nos frères et nous partagerons.

Ce qui fut dit, fut fait. Le couple repartit, retraversa l'immense rivière et tous deux retrouvèrent leur terre. Les nouvelles dont ils étaient porteurs, enthousiasmèrent leurs congénères.

Tous ceux qui le purent se rassemblèrent et prirent leur vol guidés par le couple. Quand ils arrivèrent, ils furent accueillis par des cris de joie.

De tous côtés on n'entendit que des chants mélodieux et c'est depuis ce jour que tous les oiseaux du monde, décidèrent de se parler, uniquement en chantant, et ce ne fut qu'un peu plus tard, que le couple Point et Virgule

donna naissance à une jolie petite, aux plumes toutes blanches qu'ils appelèrent Colombe, laquelle, prenant un jour son vol, alla porter des paroles de paix et d'amour.


 


MARIE

MARIE
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Publié dans conte d'ami

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