conte de noel

Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /Déc /2008 11:51

Il était une fois sur une montagne, trois petits arbres qui discutaient de ce qu'ils feront quand ils seront devenus grands.

 

Le premier petit arbre émerveillé par les étoiles et la lune disait : "Moi, quand je serai grand, je voudrais qu'on me transforme en coffre à trésor et qu'on me remplisse d'or et de toutes les plus belles pierres précieuses du monde. "

 

Le deuxième petit arbre qui aimait à regarder scintiller sous la lune les eaux claires de la rivière avant qu'elle ne se jette au loin dans les vagues d'écume de la mer disait : " ... je voudrais qu'on me transforme en un formidable trois-mâts... commandé par un vaillant capitaine... et affronter tous les océans du monde. "

 

Le troisième petit arbre se plaisait à regarder les lumières des villages qui brillaient dans les yeux des enfants aux jours de fête : "

Moi, quand je serai grand, je voudrais être encore plus grand que grand et tellement grand que chaque fois que l'on me regardera, on sera obligé de lever très haut les yeux et comme cela, on pensera à Dieu. " ...

 

Le temps s'écoula longtemps au grand sablier de la montagne, au murmure des sources, au clapotis des ruisseaux. Les printemps succédèrent aux hivers, puis laissèrent la place aux étés. Les trois petits arbres avaient changé, pris de la force, de la stature, un tronc vigoureux, des branches et des branchages.

 

Un matin d'automne des voix résonnèrent sur le sentier. Les oiseaux firent silence... les arbres se mirent à trembler de toutes leurs feuilles...

 

Trois bûcherons s'approchèrent des arbres.

 

Le premier bûcheron regardant le premier arbre le déclara parfait et à grands coups de hache le fit tomber sur le sentier.

 

Le deuxième bûcheron voyant le deuxième arbre le trouva vigoureux et à grands coups de hache le coucha sur le sol boueux.

 

Le troisième bûcheron se chargea du troisième arbre et à grands coups de hache il le fit culbuter dans l'allée.

 

Les trois arbres gisaient maintenant sur le flanc de la montagne.

Chacun sous son écorce imaginait la suite de son destin.

 

Le premier arbre allait enfin pouvoir vivre le rêve de sa vie. Il se retrouverait bientôt dans la bonne odeur de colle et de copeaux de bois de l'atelier du menuisier. Mais il ne savait pas encore que dans les commandes du jour ne figurait pas le moindre coffre à trésor... mais seulement des mangeoires pour les animaux...

 

Après deux jours et deux nuits de voyage, le deuxième arbre allait enfin se retrouver sur les galets gris du chantier naval. Les cris aigus des mouettes lui tournaient déjà la tête. Il ne pouvait pas encore se douter de la mauvaise surprise qui l'attendait... Pas un seul armateur n'avait passé commande pour un trois-mâts... Seul un pêcheur avait passé commande pour une petite barque de pêche...

 

Quand au troisième arbre qui n'était plus que désespoir, on le débita en poutres qu'on mit à sécher le long d'un mur chez un charpentier.

Beaucoup de mois, beaucoup d'années passèrent sur les rêves détruits des trois arbres. Beaucoup d'insectes dans leur bois, beaucoup d'araignées, beaucoup de poussières, beaucoup de désespérance... Les arbres avaient fini par oublier leurs rêves. Ils avaient cicatrisé. Ils s'étaient installés dans les torpeurs de l'habitude. Ils n'attendaient plus rien...

 

Le premier arbre devenu mangeoire ne sentait même plus la caresse des animaux tirant sur le foin... Quand une nuit d'hiver la douce lumière d'une étoile se posa sur lui. Un jeune homme et une jeune femme vinrent s'abriter dans l'étable. Au milieu de la nuit, la jeune femme mit au monde un bébé que l'homme coucha dans la mangeoire. Ainsi le premier arbre comprit que son rêve se réalisait.

 

Encore bien des coups de vent, des jours de pluie, des hivers glacés passèrent sur les rives du lac où le deuxième arbre devenu petite barque de pêcheur pourrissait lentement dans une mauvaise odeur de poisson...

Lorsqu'un soir d'été, un groupe d'hommes voulut traverser le lac : ils embarquèrent et soudain au milieu du lac une tempête se leva comme on n'en avait jamais vu. L'homme qui semblait être le chef se leva dans la barque, tendit les bras et calma la tempête. Ainsi le second arbre comprit que son rêve se réalisait.

 

Peu de temps après cet événement, la ville se mit à résonner d'une étrange rumeur : les gens étaient énervés, on entendait des cris, des bottes de soldats, ça sentait la violence, la vengeance, l'injustice...

Des hommes vinrent tirer de son hangar et de sa torpeur le troisième arbre transformé en poutres... Ils mirent ses poutres en croix, et sur cette croix ils clouèrent le Fils de l'Homme. Le troisième arbre sut alors que son rêve se réalisait puisque désormais chaque fois qu'on le

regarderait, on penserait à Dieu.

 

Par lilavande - Publié dans : conte de noel
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 14:25

(source "chez l'hirondelle")

 

Il y a de ça très longtemps, deux enfants s'amusaient dans un beau grand jardin couvert de neige.

"Et si nous faisions un bonhomme?"

"Oh oui, bonne idée, pourquoi ne pas faire un petit garçon?"  dit la petite sœur.

 

Ils se mirent au travail. Ils amassèrent d'abord un gros tas de neige qui, sous leurs mains habiles, prit rapidement la forme d'un petit garçon. Soudain, un tourbillon de neige et de vent s'éleva au-dessus du petit bonhomme de neige et ce dernier sembla s'animer. Son visage se teinta de rose, il cligna des yeux et sourit.

Peu après, il se mit à courir avec les deux enfants. Pendant tout l'après-midi, ils s'amusèrent à se lancer des balles de neige, à glisser, à se poursuivre entre les arbres, à chanter des comptines. À la fin de l'après-midi, la mère les appela pour qu'ils viennent se réchauffer et qu'ils se préparent pour le réveillon de Noël. À la vue du petit garçon tout de blanc vêtu, elle pensa " ¨Ce doit être le petit garçon du voisin". Elle le prit sous le bras et le fit entrer.

 

"Que tu es froid, viens près du feu!" Le petit garçon n'osa pas refuser. Il venait à peine d'entrer que déjà sous la chaleur, il se sentit devenir tout mince et plus petit. Il n'eut d'autre choix que de se précipiter à l'extérieur.

Les enfants expliquèrent à leurs parents d'où venait cet étrange petit garçon. "C'est bien triste, le pauvre sera seul pour la célébration de Noël et nous ne pouvons rien faire", dit le père.

Pendant que toute la famille était occupée à préparer la table pour le réveillon, le petit bonhomme de neige ne pouvait que contempler la scène par une fenêtre. Sentant la tristesse monter en lui, il retourna dans des recoins du jardin pour pleurer. À la fin du repas et après la remise des cadeaux, le frère et la soeur montèrent dans leur chambre et avant de se coucher, firent la prière suivante:

"Seigneur, faites que notre ami soit transformé en vrai petit garçon, ce serait notre plus beau cadeau!"

 

Le lendemain matin, alors que toute la famille déjeunait, quelqu'un frappa à la porte. À la grande surprise des enfants, c'était le petit garçon, tout de blanc vêtu.

"Je suis le prince d'un royaume lointain. Votre générosité m'a délivré d'un mauvais sort que m'avait jeté une vilaine sorcière. Pour vous remercier, je vous offre ce coffre contenant assez d'écus d'or pour vous permettre de vivre dans l'abondance pendant encore de nombreux Noël".

Il leur sourit et disparut dans un éclat de lumière.

Les enfants ne le revirent plus jamais, mais la légende du petit bonhomme de neige était née...

 

Par lilavande - Publié dans : conte de noel
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 14:22

Le Sapin
Conte d'Andersen

Là-bas, dans la forêt, il y avait un joli sapin. Il était bien placé, il avait du soleil et de l'air ; autour de lui poussaient de plus grands camarades, pins et sapins.

 Mais lui était si impatient de grandir qu'il ne remarquait ni le soleil ni l'air pur, pas même les enfants de paysans qui passaient en bavardant lorsqu'ils allaient cueillir des fraises ou des framboises.


« Oh ! si j'étais grand comme les autres, soupirait le petit sapin, je pourrais étendre largement ma verdure et, de mon sommet, contempler le vaste monde. Les oiseaux bâtiraient leur nid dans mes branches et, lorsqu'il y aurait du vent, je pourrais me balancer avec grâce comme font ceux qui m'entourent. »


Le soleil ne lui causait aucun plaisir, ni les oiseaux, ni les nuages roses qui, matin et soir, naviguaient dans le ciel au-dessus de sa tête.
L'hiver, lorsque la neige étincelante entourait son pied de sa blancheur, il arrivait souvent qu'un lièvre bondissait, sautait par-dessus le petit arbre

- oh ! que c'était agaçant ! Mais, deux hivers ayant passé, quand vint le troisième, le petit arbre était assez grand pour que le lièvre fût obligé de le contourner. Oh ! pousser, pousser, devenir grand et vieux, c'était là, pensait-il, la seule joie au monde.


En automne, les bûcherons venaient et abattaient quelques-uns des plus grands arbres. Cela arrivait chaque année et le jeune sapin, qui avait atteint une bonne taille, tremblait de crainte, car ces arbres magnifiques tombaient à terre dans un fracas de craquements.
Où allaient-ils ? Quel devait être leur sort ?
Au printemps, lorsque arrivèrent l'hirondelle et la cigogne, le sapin leur demanda :
- Savez-vous où on les a conduits ? Les avez-vous rencontrés ?


Les hirondelles n'en savaient rien, mais la cigogne eut l'air de réfléchir, hocha la tête et dit :
- Oui, je crois le savoir, j'ai rencontré beaucoup de navires tout neufs en m'envolant vers l'Egypte, sur ces navires il y avait des maîtres-mâts superbes, j'ose dire que c'étaient eux, ils sentaient le sapin.

 Oh ! si j'étais assez grand pour voler au-dessus de la mer ! Comment est-ce au juste la mer ? A quoi cela ressemble-t-il ?
- Euh ! c'est difficile à expliquer, répondit la cigogne.
Et elle partit.
- Réjouis-toi de ta jeunesse, dirent les rayons du soleil, réjouis-toi de ta fraîcheur, de la jeune vie qui est en toi.
Le vent baisa le jeune arbre, la rosée versa sur lui des larmes, mais il ne les comprit pas.


Quand vint l'époque de Noël, de tout jeunes arbres furent abattus, n'ayant souvent même pas la taille, ni l'âge de notre sapin, lequel, sans trêve ni repos, désirait toujours partir. Ces jeunes arbres étaient toujours les plus beaux, ils conservaient leurs branches, ceux-là, et on les couchait sur les charrettes que les chevaux tiraient hors de la forêt.
- Où vont-ils? demanda le sapin, ils ne sont pas plus grands que moi, il y en avait même un beaucoup plus petit. Pourquoi leur a-t-on laissé leur verdure?


- Nous le savons, nous le savons, gazouillèrent les moineaux. En bas, dans la ville, nous avons regardé à travers les vitres, nous savons où la voiture les conduit. Oh ! ils arrivent au plus grand scintillement, au plus grand honneur que l'on puisse imaginer. A travers les vitres, nous les avons vus, plantés au milieu du salon chauffé et garnis de ravissants objets, pommes dorées, gâteaux de miel, jouets et des centaines de lumières.


- Suis-je destiné à atteindre aussi cette fonction ? dit le sapin tout enthousiasmé. C'est encore bien mieux que de voler au-dessus de la mer. Je me languis ici, que n'est-ce déjà Noël ! Je suis aussi grand et développé que ceux qui ont été emmenés l'année dernière. Je voudrais être déjà sur la charrette et puis dans le salon chauffé, au milieu de ce faste. Et, ensuite ... il arrive sûrement quelque chose d'encore mieux, de plus beau, sinon pourquoi nous décorer ainsi. Cela doit être quelque chose de grandiose et de merveilleux ! Mais quoi ?... Oh ! je m'ennuie ... je languis ...
- Sois heureux d'être avec nous, dirent l'air et la lumière du soleil. Réjouis-toi de ta fraîche et libre jeunesse.


Mais le sapin n'arrivait pas à se réjouir. Il grandissait et grandissait. Hiver comme été, il était vert, d'un beau vert foncé et les gens qui le voyaient s'écriaient : Quel bel arbre !
Avant Noël il fut abattu, le tout premier. La hache trancha d'un coup, dans sa moelle ; il tomba, poussant un grand soupir, il sentit une douleur profonde. Il défaillait et souffrait.
L'arbre ne revint à lui qu'au moment d'être déposé dans la cour avec les autres. Il entendit alors un homme dire :
- Celui-ci est superbe, nous le choisissons.

Alors vinrent deux domestiques en grande tenue qui apportèrent le sapin dans un beau salon. Des portraits ornaient les murs et près du grand poêle de céramique vernie il y avait des vases chinois avec des lions sur leurs couvercles. Plus loin étaient placés des fauteuils à bascule, des canapés de soie, de grandes tables couvertes de livres d'images et de jouets ! pour un argent fou - du moins à ce que disaient les enfants.
Le sapin fut dressé dans un petit tonneau rempli de sable, mais on ne pouvait pas voir que c'était un tonneau parce qu'il était enveloppé d'une étoffe verte et posé sur un grand tapis à fleurs ! Oh ! notre arbre était bien ému ! Qu'allait-il se passer ?


Les domestiques et des jeunes filles commencèrent à le garnir. Ils suspendaient aux branches de petits filets découpés dans des papiers glacés de couleur, dans chaque filet on mettait quelques fondants, des pommes et des noix dorées pendaient aux branches comme si elles y avaient poussé, et plus de cent petites bougies rouges, bleues et blanches étaient fixées sur les branches. Des poupées qui semblaient vivantes - l'arbre n'en avait jamais vu - planaient dans la verdure et tout en haut, au sommet, on mit une étoile clinquante de dorure.

C'était splendide, incomparablement magnifique.
- Ce soir, disaient-ils tous, ce soir ce sera beau.
« Oh ! pensa le sapin, que je voudrais être ici ce soir quand les bougies seront allumées ! Que se passera-t-il alors ? Les arbres de la forêt viendront-ils m'admirer ? Les moineaux me regarderont-ils à travers les vitres ? Vais-je e rester ici, ainsi décoré, l'hiver et l'été ? »
On alluma les lumières. Quel éclat ! Quelle beauté ! Un frémissement parcourut ses branches de sorte qu'une des bougies y mit le feu : une sérieuse flambée.
- Mon Dieu ! crièrent les demoiselles en se dépêchant d'éteindre.


Le pauvre arbre n'osait même plus trembler. Quelle torture ! Il avait si peur de perdre quelqu'une de ses belles parures, il était complètement étourdi dans toute sa gloire ... Alors, la porte s'ouvrit à deux battants, des enfants en foule se précipitèrent comme s'ils allaient renverser le sapin, les grandes personnes les suivaient posément. Les enfants s'arrêtaient - un instant seulement -, puis ils se mettaient à pousser des cris de joie - quel tapage ! - et à danser autour de l'arbre. Ensuite, on commença à cueillir les cadeaux l'un après l'autre.
« Qu'est-ce qu'ils font ? se demandait le sapin. Qu'est-ce qui va se passer ? »

 Les bougies brûlèrent jusqu'aux branches, on les éteignait à mesure, puis les enfants eurent la permission de dépouiller l'arbre complètement. Ils se jetèrent sur lui, si fort, que tous les rameaux en craquaient, s'il n'avait été bien attaché au plafond par le ruban qui fixait aussi l'étoile, il aurait été renversé.
Les petits tournoyaient dans le salon avec leurs jouets dans les bras, personne ne faisait plus attention à notre sapin, si ce n'est la vieille bonne d'enfants qui jetait de-ci de-là un coup d'œil entre les branches pour voir si on n'avait pas oublié une figue ou une pomme.
- Une histoire ! une histoire ! criaient les enfants en entraînant vers l'arbre un gros petit homme ventru.


Il s'assit juste sous l'arbre.
- Comme ça, nous sommes dans la verdure et le sapin aura aussi intérêt à nous écouter, mais je ne raconterai qu'une histoire. Voulez-vous celle d'Ivède-Avède ou celle de Dumpe-le-Ballot qui roula en bas des escaliers, mais arriva tout de même à s'asseoir sur un trône et à épouser la princesse ?


L'homme racontait l'histoire de Dumpe-le-Ballot qui tomba du haut des escaliers, gagna tout de même le trône et épousa la princesse. Les enfants battaient des mains. Ils voulaient aussi entendre l'histoire d'Ivède-Avède, mais ils n'en eurent qu'une. Le sapin se tenait coi et écoutait.
« Oui, oui, voilà comment vont les choses dans le monde », pensait-il. Il croyait que l'histoire était vraie, parce que l'homme qui la racontait était élégant.


- Oui, oui, sait-on jamais ! Peut-être tomberai-je aussi du haut des escaliers et épouserai-je une princesse !
Il se réjouissait en songeant que le lendemain il serait de nouveau orné de lumières et de jouets, d'or et de fruits.
Il resta immobile et songeur toute la nuit.
Au matin, un valet et une femme de chambre entrèrent.
- Voilà la fête qui recommence ! pensa l'arbre. Mais ils le traînèrent hors de la pièce, en haut des escaliers, au grenier... et là, dans un coin sombre, où le jour ne parvenait pas, ils l'abandonnèrent.

 


- Qu'est-ce que cela veut dire ? Que vais-je faire ici ?
Il s'appuya contre le mur, réfléchissant. Et il eut le temps de beaucoup réfléchir, car les jours et les nuits passaient sans qu'il ne vînt personne là-haut et quand, enfin, il vint quelqu'un, ce n'était que pour déposer quelques grandes caisses dans le coin. Elles cachaient l'arbre complètement. L'avait-on donc tout à fait oublié ?
«C'est l'hiver dehors, maintenant, pensait-il. La terre est dure et couverte de neige. On ne pourrait même pas me planter ; c'est sans doute pour cela que je dois rester à l'abri jusqu'au printemps. Comme c'est raisonnable, les hommes sont bons ! Si seulement il ne faisait pas si sombre et si ce n'était si solitaire !

 

 Pas le moindre petit lièvre. C'était gai, là-bas, dans la forêt, quand sur le tapis de neige le lièvre passait en bondissant, oui, même quand il sautait par-dessus moi ; mais, dans ce temps-là, je n'aimais pas ça. Quelle affreuse solitude, ici ! »
« Pip ! pip ! » fit une petite souris en apparaissant au même instant, et une autre la suivait. Elles flairèrent le sapin et furetèrent dans ses branches.


- Il fait terriblement froid , dit la petite souris. Sans quoi on serait bien ici, n'est-ce pas, vieux sapin?
- Je ne suis pas vieux du tout, répondit le sapin. Il en y a beaucoup de bien plus vieux que moi.
- D'où viens-tu donc ? demanda la souris, et qu'est-ce que tu as à raconter ?
Elles étaient horriblement curieuses.
- Parle-nous de l'endroit le plus exquis de la terre. Y as-tu été ? As-tu été dans le garde-manger ?

 


- Je ne connais pas ça, dit l'arbre, mais je connais la forêt où brille le soleil, où l'oiseau chante.
Et il parla de son enfance. Les petites souris n'avaient jamais rien entendu de semblable. Elles écoutaient de toutes leurs oreilles.
- Tu en as vu des choses ! Comme tu as été heureux !
- Moi ! dit le sapin en songeant à ce que lui-même racontait. Oui, au fond, c'était bien agréable.
Mais, ensuite, il parla du soir de Noël où il avait été garni de gâteaux et de lumières.
- Oh ! dirent encore les petites souris, comme tu as été heureux, vieux sapin.

 


- Mais je ne suis pas vieux du tout, ce n'est que cet hiver que j'ai quitté ma forêt ; je suis dans mon plus bel âge, on m'a seulement replanté dans un tonneau.
- Comme tu racontes bien, dirent les petites souris.
La nuit suivante, elles amenèrent quatre autres souris pour entendre ce que l'arbre racontait et, à mesure que celui-ci parlait, tout lui revenait plus exactement.

 


« C'était vraiment de bons moments, pensait-il. Mais ils peuvent revenir, ils peuvent revenir ! Dumpe-le-Ballot est tombé du haut des escaliers, mais il a tout de même eu la princesse ; peut-être en aurai-je une aussi. »
Il se souvenait d'un petit bouleau qui poussait là-bas, dans la forêt, et qui avait été pour lui une véritable petite princesse.
- Qui est Dumpe-le-Ballot ? demandèrent les petites souris.


Alors le sapin raconta toute l'histoire, il se souvenait de chaque mot ; un peu plus, les petites souris grimpaient jusqu'en haut de l'arbre, de plaisir.
La nuit suivante, les souris étaient plus nombreuses encore, et le dimanche il vint même deux rats, mais ils déclarèrent que le conte n'était pas amusant du tout, ce qui fit de la peine aux petites souris ; de ce fait, elles-mêmes l'apprécièrent moins.
- Eh bien , merci, dirent les rats en rentrant chez eux. Les souris finirent par s'en aller aussi, et le sapin soupirait.


- C'était un vrai plaisir d'avoir autour de moi ces petites souris agiles, à écouter ce que je racontais. C'est fini, ça aussi, mais maintenant, je saurai goûter les plaisirs quand on me ressortira. Mais quand ?
Ce fut un matin, des gens arrivèrent et remuèrent tout dans le grenier. Ils déplacèrent les caisses, tirèrent l'arbre en avant. Bien sûr, ils le jetèrent un peu durement à terre, mais un valet le traîna vers l'escalier où le jour éclairait.
«Voilà la vie qui recommence », pensait l'arbre, lorsqu'il sentit l'air frais, le premier rayon de soleil ... et le voilà dans la cour.
Tout se passa si vite ! La cour se prolongeait par un jardin en fleurs. Les roses pendaient fraîches et odorantes par-dessus la petite barrière, les tilleuls étaient fleuris et les hirondelles voletaient en chantant : « Quivit, quivit, mon homme est arrivé ! » Mais ce n'était pas du sapin qu'elles voulaient parler.

 


- Je vais revivre, se disait-il, enchanté, étendant largement ses branches. Hélas ! elles étaient toutes fanées et jaunies. L'étoile de papier doré était restée fixée à son sommet et brillait au soleil... Dans la courjouaient quelques enfants joyeux qui, à Noël, avaient dansé autour de l'arbre et s'en étaient réjouis. L'un des plus petits s'élança et arracha l'étoile d'or.
- Regarde ce qui était resté sur cet affreux arbre de Noël, s'écria-t-il en piétinant les branches qui craquaient sous ses souliers.
L'arbre regardait la splendeur des fleurs et la fraîche verdure du jardin puis, enfin, se regarda lui-même. Comme il eût préféré être resté dans son coin sombre au grenier ! Il pensa à sa jeunesse dans la forêt, à la joyeuse fête de Noël, aux petites souris, si heureuses d'entendre l'histoire de Dumpe-le- Ballot.
« Fini ! fini ! Si seulement j'avais su être heureux quand je le pouvais. »


Le valet débita l'arbre en petits morceaux, il en fit tout un grand tas qui flamba joyeusement sous la chaudière. De profonds soupirs s'en échappaient, chaque soupir éclatait. Les enfants qui jouaient au-dehors entrèrent s'asseoir devant le feu et ils criaient : Pif ! Paf ! à chaque craquement, le sapin, lui, songeait à un jour d'été dans la forêt ou à une nuit d'hiver quand les étoiles étincellent. Il pensait au soir de Noël, à Dumpe-le-Ballot, le seul conte qu'il eût jamais entendu et qu'il avait su répéter... et voilà qu'il était consumé ...


Les garçons jouaient dans la cour, le plus jeune portait sur la poitrine l'étoile d'or qui avait orné l'arbre au soir le plus heureux de sa vie.

 Ce soir était fini, l'arbre était fini, et l'histoire, aussi, finie, finie comme toutes les histoires.

 

 

 

 


Par lilavande - Publié dans : conte de noel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 11:09
Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé ...
 

Cet hiver là, il avait neigé... et il faut savoir que, dans notre village, la nuit de Noël, lorsque les enfants ont construit des bonshommes ou des bonnes-femmes de neige, ceux-ci se déplacent entre les premiers coups de minuit et le premier chant du coq.

 

J'avais voulu montrer ce miracle à ma fille.

 Ce vingt-quatre décembre, j'étais monté dans le grenier et là... sur une vieille chaise paillée, je l'avais assise sur mes genoux, face à l'oeil de boeuf.

Nous dominions le village et le lacis de ses ruelles.

Sur la place de l'église, elle avait construit avec ses amies, une petite bonne-femme de neige affublée d'un fichu sur la tête et d'un petit tablier bleu autour de la taille.

Ses petits camarades avaient construit un petit bonhomme de neige, fier, avec son bâton et son béret, sur la place de la Mairie.

 

Je la tenais sur mes genoux, tendrement, en lui disant: "Laure-Marie, dans une demi-heure, tu vas voir ce miracle se réaliser!" Quelle infortune! Je n'ai rien observé... car je me suis endormi.

 Le lendemain, lorsque je me suis réveillé, un peu courbattu, elle m'a dit: "Papa!...regarde!...".

Je me suis penché au dessus de l'oeil de boeuf et j'ai vu le bonhomme de neige face à la bonne-femme de neige... qui se regardaient intensément... à deux mètres l'un de l'autre... immobiles comme des statues...

Elle m'a raconté cette nuit: "

Papa! tu as raison! Au premier coup de minuit, le bonhomme de neige a commencé à trembler sur sa base, puis il a glissé lentement pour se rendre sur la place de l'église où il savait qu'il devait découvrir cette petite bonne-femme de neige dont la rumeur des enfants avait colporté l'existence.

Quand il est arrivé, le lieu était désert... car, elle-même, ayant eu aussi connaissance de sa présence avait entrepris de se déplacer vers la place de la mairie... mais par malchance... en prenant une rue parallèle.

 Lorsqu'elle est arrivée sur cette place, elle n'a trouvé personne... Ils se sont cherchés toute la nuit.

Papa... tu sais ... dans la vie... on se cherche parfois longtemps avant de se trouver!

A un moment donné, je les ai aperçus... chacun à chaque extrémité de la grande rue. Ils sont venus l'un vers l'autre, lentement, comme s'ils espéraient tellement cet instant!

Lorsqu'ils furent à deux mètres de distance, le coq a chanté... C'est pour cela qu'ils sont immobilisés là...sous notre fenêtre!"

J'ai descendu quatre à quatre les escaliers avec elle.

Tout le village s'était réuni... silencieusement... et les observait.

Le soleil a commencé à darder ses rayons et le bonhomme de neige et la bonne-femme de neige se sont mis à fondre.

 

Ma fille m'a chuchoté: "Papa... ils fondent d'amour!" Un peu plus tard, il n'est plus resté qu'un béret, un bâton, un fichu et un tablier.

 Leurs eaux se sont mêlées et ont coulé le long du caniveau pour aller se perdre dans la mare du village.

Je suis revenu, triste, à la maison. Laure-Marie a serré très fort ma main dans la sienne, en me disant:

"Papa... ils ont vécu d'amour et d'eau fraîche!".

 henri cazeaux

 

Par lilavande - Publié dans : conte de noel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 11:05
c'est bientot noël... et...

....Le père Noël est enrhumé

Le père Noël est enrhumé
Préparons lui du thé sucré
Le Père Noël est enrhumé
Je crois qu'il va éternuer!
Atchoum! Atchoum! Pauvre Père Noël!
Atchoum! Atchoum! Il va se soigner.
Le Père Noël est enroué
Il a bu tout le thé sucré
Le Père Noël est enroué
Je crois qu'il va bientôt tousser!
Huhum! Huhum! Pauvre Père Noël!
Huhum! Huhum! Il va se soigner.
Le Père Noël est endormi
Il sortira après minuit
Le Père Noël est endormi
Il est tout au fond de son lit
Chchut! Chchut! Dors Papa Noël!
Chchut! Chchut! Là-haut dans le ciel 

Les larmes du père Noël

 

A l'origine, le père Noël vivait sur la terre dans une belle villa au bord de la mer. A coté de sa maison, il y avait un magasin, où il gardait les cadeaux des enfants.
Et depuis, il y a eu une première fête de Noël , puis une deuxième, une troisième … Les enfants sur terre devenaient de plus en plus nombreux. …
A la neuvième fête, après avoir offert la multitude de cadeaux, le père Noël fit la promesse suivante :

" Chers petits enfants, à la prochaine fête, je veux dire la dixième fête de Noël, je vous apporterai davantage de cadeaux. Et chacun de vous aura son vélo, sa poupée, sa corde à sauter, ses chaussures, … "

Les enfants étaient contents et promirent d'être sages.

Cette année là, le père Noël, commença très tôt à s'apprêter. Au cours des préparatifs, il remarqua que son magasin bien que grand, ne pouvait contenir tous les cadeaux. Alors, il en fit construire plusieurs autres.
Et plusieurs mois avant le 25 décembre, le dixième sur la terre, tout était prêt. Le Père Noël ferma soigneusement tous les magasins et cacha les clés.
Et nous voilà au 24 décembre, la veille du 25 décembre où le monde entier, le père Noël et les enfants allaient fêter la dixième fête de Noël sur la terre.

Le Père Noël, après avoir mis sa robe blanche et rouge à capuchon, et bien peigné sa barbe, se dirigea vers ses magasins pour porter les jouets aux enfants.

Il ouvrit le premier magasin, il était vide.
Le deuxième, vide,
le troisième , haaa
…. Tous les magasins étaient vides.


Il les avait bien fermés pourtant. Le Père Noël, du coup, était triste. Il avait envie de pleurer, mais à cause des enfants, il se maîtrisa.
Toute la nuit, il pensa.

Le lendemain matin, le 25 décembre donc, il invita tous les enfants du monde et les informa de son infortune.
Les enfants étaient déçus. Mais ils savaient tous les efforts que le Père Noël avait fait pour leur faire plaisir. Ils lui pardonnèrent.

En fait

, le Père Noël ne savait pas qu'il y avait dans la mer un monstre, très très méchant qui voyait tout ce que le Père Noël faisait. Un monstre qui n'aimait pas du tout les enfants et qui n'avait même pas besoin de clé pour ouvrir les portes. C'était un monstre à trois têtes, à trois bras, à trois pieds, avec un corps de serpent. Personne ne pouvait le regarder dans les yeux tellement  ils brillaient.
Parfois, pour faire mal sans qu'on le voie, le monstre se transformait en fourmi, en moucheron, en ver de terre ou simplement le vent qui souffle.

Les portes des magasins où le Père Noël avait rangé les cadeaux étaient  bien fermées, n'est-ce pas ? Mais le monstre trouva le moyen de rentrer. Et de voler les jouets des enfants . Venant jour après jour, il vint à bout  de tous les vélos. Voilà ce qui c'était passé.

Et c'est depuis ce jour que le Père Noël quitta la terre pour construire sa maison dans le ciel.
Au ciel, jamais les cadeaux ne pourraient disparaître comme cela. Et pas de monstre là-bas non plus. Depuis ce temps là, le Père Noël apporte du ciel les cadeaux des enfants. Et passe toujours par la cheminée.

Et puis chers amis, sachez que chaque fois qu'il pleut, c'est le Père Noël qui pleure parce qu'il se rappelle n'avoir pas une fois  tenu sa promesse.

 

Par lilavande - Publié dans : conte de noel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Profil

  • lilavande
  • en faim de conte
  • Femme
  • 29/07/1964
  • ahhh si j'avais pu rester tiote....
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés