Lali et le caillou rond et doux jusqu’au regard…

Publié le par lilavande

Lali et le caillou rond et doux jusqu’au regard…

 

 

Je te plante mon conte pour que tu croisses grand et beau…

 

 

 

Lali du haut de son saule observait son petit monde..

Tant le tout petit que le plus voyant attirait son attention..ainsi la coccinelle accroché à une feuille l’intriguait tout autant que les nuages accrochés dans le ciel..

curieuse de la vie, des histoires des uns et des autres elle était bien souvent confidente de la pluie, du vent, des insectes même ceux qui paraissent les plus insignifiant..et même des pierres des grains de sable ou des fleurs …

 

Lali était ainsi elle inspirait confiance et confidence..secrets, histoires de vie, de cœur…elle écoutait toujours avec ses trois oreilles celle de droite..celle de gauche..et celle du cœur …et c’est ça qui faisait d’elle une fée exceptionnelle.

 

Le monde était en perpétuelle mutation.de l’herbe naissait la fleur..de la fleur de l’arbre, le fruit…dans le fruit la graine..et tout recommençait ainsi..Sans se lasser tel un leitmotiv chanson du don de soi chanson de la vie….

Ce que la chenille appelle mort le papillon l’appelle vie…

 

 

Une chose pourtant ce matin là avait intrigué Lali…en effet un petit caillou gris avait élu domicile au pieds de son saule..il était là posé parmi les autres pierres….Oh bien sur Lali connaissait les pierres il y en avait pleins dans la foret lutine…mais celle-ci était différente..elle n’en avait jamais vu une semblable par ici..

Celles de la foret étaient anguleuses dures rocailleuses pointues terreuses..un peu abruptes au contact..pas très douces dans leurs manières…Lali le savait et les aimait avec leur drôles de caractères….mais cette petite pierre ronde était différente elle était  douce au regard et au touché, ronde, petite et douce…

 

Notre petite fée en avait déjà vu mais pas dans la foret lutine …c’était une pierre du bord de l’eau…une qu’elle avait pu apercevoir lors de son voyage vers l’eau de là…mais c’est une autre histoire que je vous ai déjà contée…

 

Cette petite pierre grise ronde et douce jusqu’au regard semblait un peu perdue…Lali lui parla « dis moi petit galet petit caillou rond et doux jusqu’au regard que fais tu là si loin de l’eau de là »…

« Je te cherchais Lali toi la fée mauve de la foret lutine..je voulais te rencontrer j’ai mon histoire à te conter…elle est peu banale et elle a traversé des mondes tellement différents.. »

 

Lali sourit attendrie et étonnée de tant de spontanéité..ce petit galet avait fait du chemin pour venir jusqu’à elle..Elle s’assit et l’écouta comme si plus rien au monde d’autre n’existait…

 

Ma vie est peu commune Lali elle a démarré non loin d’ici sur la montagne aux griffes d’argent…je faisais partie d’un TOUT d’une immensité moi qui suis si petit j’étais accroché conscient de partager l’immensité de la montagne …pourtant une envie de partir de me détacher ne me quittait..cette envie fut si forte..qu’elle dépassa tout ce que je pouvais vivre..je voulais voir le monde autrement et construire ma propre montagne.

 

J’ai donc quitté la montagne aux griffes d’argent déterminé le regard fier et confiant en la vie et dans ce qu’elle voulait m’offrir…

 

Mon rêve d’aventure allait être assouvi mais la montagne que je voulais bâtir ne fut jamais vive…car au lieu de grandir de m’élever je me suis, à force de rochers de vents et de rivières émoussé, arrondi. Je suis devenu plus petit mais moins anguleux moins pointu plus rond et plus doux…

Tu sais Lali la vie adoucit même si j’en ai vu s’endurcir se fermer être encore plus coupants..moi j’ai choisit de laisser la vie, les événements me toucher me frôler me modeler me caresser m’émousser...et au lieu de devenir montagne je suis devenu galet…

 

Lali écoutait le petit caillou rond et doux jusqu’au regard et admirait avec quelle simplicité il exprimait une joie nouvelle d’un rêve pourtant inachevé..non aboutit.. abandonné..

 

« Racontes moi tes rencontres celles qui ont changé ta vie…. »

 

« Tout d’abord, repris le caillou rond et doux jusqu’au regard j’ai dévalé la pente de la montagne aux griffes d’argent, je me suis cogné aux arbres, les blessant même parfois et me  heurtant aux rochers, certains plus dur, que moi m’écorchaient..

D’autres rencontres furent plus douces comme celle de la mousse ou des herbes qui enveloppent pansent,

et calment les douleurs..et puis Lali..la rencontre de l’eau …Waouu quelle rencontre ça rafraichit ça adoucit, ça lave, nettoie, poli… et si tu te laisses emporter par le courant tu caresses d’autres pierres au fond de l’eau et la douceur tout comme les coups…transforment….changent, modèlent…

 

Tu vois Lali on ne s’en rend même pas compte mais le contact du doux bouleverse révolutionne métamorphose sans heurts ni douleur ….c’est un renouvellement dans la douceur et dans le temps…plus lent mais tout aussi efficace…

 

J’aime ce que je suis devenu ma Lali même si jamais je n’aurais imaginé ma vie ainsi..

 

J’étais pierre anguleuse et la vie, les rencontres les événements difficiles ou doux m’ont transformé m’ont enrichi...regarde moi Lali je suis à présent lisse rond et doux jusqu’au regard...

Bien loin de me laisser emporter balloter par le courant de la vie je me remets à lui  je participe au courant.

 Je n’ai pas éliminé ce qui me dérangeait mais j’ai accueilli ce qui m’a fait évoluer... et aujourd’hui moi aussi en touchant je transforme..modèle révolutionne tout autour de moi…là est ma montagne..non pas en hauteur mais en profondeur…

 

Lali sourire aux lèvres et émotions plein le cœur buvait les paroles du petit caillou rond et doux jusqu’au regard..

 

« Tu as fait tout ce chemin pour me raconter ton histoire elle est émouvante et belle de sincérité ta vie est magnifique petit caillou…. laisse moi te prendre dans mes mains t’embrasser te poser contre mon cœur et si tu le veux te ramener vers le galopin galopant où tes frères t’attendent… »

 

« Lali jolie Lali douce et tendre toi qui aime accueille et donne je voulais t’offrir mon histoire comme un parfum de joie et d’espérance… »

 

Lali sourit tendrement pris dans ses petites mains  le caillou rond doux jusqu’au regard, le porta au ruisseau de la foret lutine

 

Elle retourna vers son saule soupira de bonheur c’était encore une belle journée dans la foret lutine et  Lali s’endormit sourire aux lèvres au creux de son arbre.

 

 

Publié dans conte de moi

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